L’héritage

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Mise à jour le: mai 14, 2016
(Crédit photo: Justin Gervais/LeForumHockey.com)

Texte par Daniel Marier, Chroniqueur

Je suis un amateur du CH depuis que j’ai 6 ans. Cela remonte à 1979. Je me souviens du bonheur du conjoint de ma mère quand il me parlait de la performance des Canadiens en série alors que le CH a soulevé la coupe, sa 22e de sa grande histoire. C’était excitant et stimulant pour le kid de 6 ans que j’étais de suivre les performances de Lafleur, Shutt, Dryden, Robinson et les autres. J’étais trop jeune pour savoir qui était Scotty Bowman, mais ce fut sa dernière année comme entraîneur du chef du CH. J’avais le privilège d’écouter la première période lors des matchs du samedi. C’était mon moment préféré du week-end. Mon Dieu que j’avais souvent « envie d’aller à la salle de bain » après mon coucher et je me traînais les pieds en passant devant le salon et la télévision. Le lendemain matin, dès mon réveil, je sautais dans le lit des parents pour connaître le pointage de la partie de la veille. C’est d’ailleurs l’un de mes rares souvenirs de ce jeune âge lointain.

Je me suis fait dire par ma mère que je m’étais fait une patinoire sur la surface de béton devant le foyer de la maison. À cet endroit, je simulais une partie de hockey avec une petite rondelle de plastique que je faisais passer d’un bout à l’autre de ma petite patinoire, avec dans chaque main, une carte de hockey qui représentait l’équipe impliquée dans mon tournoi imaginaire. Imaginez, j’ai peut-être frotté violemment une carte recrue, celle de Wayne Gretzky, par exemple, sur une surface abrasive détruisant ainsi toute sa valeur. Dès lors l’amour du hockey coulait dans mes veines.

Ensuite, j’ai grandi dans les années 80. Les souvenirs de 86, 89 et 93, trois finales et les deux dernières coupes du CH sont tellement ancrés en moi que je me souviens ou j’étais pour visionner ces matchs. Les années de Patrick Roy, notre dernier héros. C’est mon héritage. Je me souviens encore de l’émotion lors du retrait du numéro 33 au Centre Bell.

C’est basé sur ce départ fulgurant alors que le CH a gagné 3 coupes en 14 ans entre 1979 et 1993, teintés des fantômes du forum, que le CH m’a converti. La conversion dure toujours. Dernièrement, de retour de mon Saguenay natal, j’ai écouté la loterie du prochain repêchage à la radio, au FM 98.5 en souhaitant de tout cœur que le CH gagne ce tirage, hélas en vain. Quand on y pense un peu, faut être motivé. Un peu comme Elvis Gratton qui écoute les Grands Prix de Formule 1 sur une cassette audio dans le Sud.

Ces jours-ci, je me questionne sur la passion envers le hockey de mon fils. On joue au hockey dans la cour le soir après l’école. Il m’attaque alors que je défends mon filet avec mon équipement de gardien et mon gilet de Carey Price. Lui, il ne cherche pas à se prendre pour un joueur de hockey, alors que j’ai été plusieurs clones de hockeyeurs dans mon enfance de Naslund, Carbonneau, Chelios en passant par Richer et autre parfois des autres clubs de la LNH.

Mon garçon aime jouer au hockey bottine dans la cour mais il n’a pas la piqûre comme je l’ai eu à 6 ans. J’ai bien essayé avec des matchs de saison et de série. Je l’ai apporté à Brossard voir un entraînement. Quand on écoute le hockey, il ne reste pas plus que 15 minutes et ce n’est par manque de concentration car il écoute Avatar au complet sans bouger ou presque… Il reste plus longtemps que 15 minutes quand il y a du pop-corn ou des croustilles offertes. Fin renard, il bouffe et il part, comme chez McDo sans vraiment que je puisse l’initier au lancer de Pacioretty, aux arrêts de Price et aux tourniquets de Subban.

Ceci étant mentionné, mon garçon a ses propres passions et j’ai les miennes. Dieu que j’aurai aimé que nous ayons une passion commune pour le hockey. Qui sait ? La puberté pourrait l’amener à s’intéresser au hockey. D’ici il pave sa propre voie et je suis fier de le voir grandir. Je sais ce qui ramènerait mon fils vers le hockey. Voir son père être passionnément absorbé par une irrésistible lancée couronnée par une 25e coupe Stanley du CH. Là, je crois qu’il verrait et comprendrait combien le hockey et particulièrement le CH fait vibrer le peuple québécois.

En terminant, je me rends compte que je m’ennuie de l’ivresse de la victoire de mes glorieux que de voir mon fils y adhérer comme amateur. Je confesse mon père ! Je veux que le CH gagne comme dans le temps. Je souhaite voir le CH gagner la Coupe Stanley, avec mon fils à côté de moi, un sac de chips sur ses genoux. Désolé chérie si je ne parle beaucoup de toi dans ce texte car tu es déjà convertie au hockey et il y a quelque chose dans le hockey entre un père et son fils.

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